Par amour…du sport

« Et bien, disait le Paul à son vieil ami de Fraimbois, je ne te savais pas si sportif ! Que tu suives les exploits d’Absalon ou ceux, beaucoup plus rares des footballeurs de Nancy, passe encore, mais te positionner pour les hockeyeurs d’Epinal, là, tu m’épates ! C’est un sport si intéressant ? »

« Bof, dit son vieil ami, à vrai dire, je n’y comprends pas grand-chose. Mais j’aime bien l’ambiance, quand tous les spectateurs de Poissompré se mettent à hurler, quand les joueurs s’empoignent pire qu’une mêlée de Rugby, ou quand ils s’étalent sur la glace comme moi lors de mes premières sorties à ski ! »

« Bon, d’accord, dit le Paul. C’était bien ? »

« Formidable ! S’i j’avais su qu’il restait une place de libre, je t’aurais invité ».

« Une seule place de libre ? »

« Oh oui, toutes étaient, depuis plus d’un mois, réservées.

Aussi, devine ma surprise quand j’ai vu que le siège voisin du mien était libre ! Je me suis étonné, questionnant l’occupant d’à côté : c’est moi qui l’avait réservé m’a-t-il expliqué. Pour ma femme. Mais, la pauvre; elle est décédée. »

« J’étais bien sûr gêné mais je lui ai néanmoins demandé : Vous n’aviez pas d’ami ou de voisin qui auraient pu en profiter ? »

Après un long silence, voici ce qu’il m’a rétorqué : « Si bien sût, mais aucun n’était libre : ils allaient tous à l’enterrement de mon épouse… »