La crise …

La crise, la crise , ils me font rire avec leur crise : les banquiers n’ont plus d’argent à prêter aux patrons qui n’ont plus de travail à donner aux ouvriers qui ne peuvent plus acheter aux commerçants qui n’ont plus d’argent à placer chez les banquiers !

Le Paul n’en revenait pas de voir son vieux camarade aussi excité :

«Allons, du calme, du calme, pourquoi t’énerver ? »

« je ne m’énerve pas. Je dis simplement qu’ils n’ont qu’à se bouger. Regarde moi : si aujourd’hui j’ai la plus belle ferme de Fraimbois, ce n’est pas faute d’avoir trimé et d’en avoir connu des crises ! »

Et le Paul d’en profiter pour demander :

« Au fait, comment avais tu commencé ? »

« Moi ? A quinze ans en élevant une mère lapine que m’avait donnée ma grand-mère. Quand j’ai vendu ses huit jeunes tués et dépouillés, je me suis acheté une agnelle. Trois ans après, j’ai vendu mon petit troupeau pour acheter une belle génisses prim’holstein que bien sûr, j’ai fait inséminer … »

« Chapeau, l’interrompt le Paul. Et après ? »

« Après, après, j’ai épousé Germaine qui en dote, m’a apporté ses cent cinquante ha de terres et de bons prés !