Allez savoir pourquoi, ce jour-là, le Paul et son vieil ami de Fraimbois philosophaient sur le divorce ! Il faut dire qu’ils avaient eu le temps d’épuiser tous les sujets d’actualité, étant depuis deux heures immobilisés en gare de Nancy par la grève des transports.
« De mon temps, disait son ami, on se mariait pour la vie alors qu’aujourd’hui ! »
« Que veux-tu, constatait le Paul, c’est maintenant la mode de tout changer ; sa télé, son frigo, sa voiture dès que la couleur ne plaît plus… »
« Moi, ma voiture, plaisantait l’autre, je l’ai depuis plus de vingt ans sans aucune réparation. Du solide, elle est bien amortie ; tandis que mon épouse, avec tous les frais de médecin, de pharmacien, de chirurgien, de dentiste ou d’opticien que j’ai eus avec elle depuis quelques années, il me faudra bien la garder jusqu’à cent ans pour l’amortir. »
« A propos de centenaire, ajoutait le Paul, sais-tu que j’ai appris hier que mes voisins, le Célestin qui a 98 ans et la Germaine qui en a 93, avaient demandé le divorce ! »
« Divorcer à leur âge ! Tu leur as demandé pourquoi ? »
« Bien sûr, et sais-tu ce que le Célestin m’a répondu ? ‘Mon pauvre Paul, ça fait bien 50 ans que l’on veut divorcer, mais pour ne pas faire de peine aux enfants, on a attendu qu’ils soient morts !' »

