Comme chaque année, c’était donc le voyage du comice, voyage d’une journée celui des « délégués ».
Il restait quelques places disponibles. Aussi le Paul avait convié son vieux compagnon de frambois à les accompagner. Le thème était « les produits du terroir », et le but de l’expédition l’Alsace terre de délices s’il en est.
Après avoir, bien sûr, dégusté la choucroute, visité quelques fermes et, surtout, quelques caves l’ambiance était au beau fixe dans le car, d’autant plus que notre Bernard y allait de quelques histoires encore plus salées que la choucroute.
La journée s’achevait par la visite d’un élevage original, celui d’ânes , qui, sinistre particularité, terminaient leur longue existence sous forme de saucissons !
Du saucisson d’ânes ! Il fallut bien sûr le déguster, accompagné d’un Riesling du cru, puis, surtout, visiter la fabrique de saucisson, une fabrique originale ou tout était automatisé. L’âne entrait, était anesthésié, abattu, débité, transformé, saucissonné en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire !!
Chacun de s’extasier, lorsque l’ami du Paul, passablement échauffé par cette journée, crut bon de demander.
« Vous n’avez pas encore inventé une marche arrière où l’on introduirait un saucisson pour en voir sortir un âne ? »
Tous, bien sûr de s’esclaffer et l’éleveur de rétorquer : « Mais cette machine existe depuis longtemps : votre mère ! » Comme notre ami, à mi-voix, avouait au Paul n’avoir pas compris, le Paul de lui répondre :
« Je crois bien qu’il t’a traité d’âne ! Pour plus d’explications, demande donc au Bernard ! »

